Règles Élémentaires, l’association qui lutte contre la précarité menstruelle

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association regles elementaires présentation

Les missions de Règles Élémentaires : aider les femmes dans le besoin et briser les tabous

Règles Élémentaires est une association française à but non lucratif et reconnue d’intérêt général. Elle s’est donné pour mission de collecter des protections hygiéniques et produits d’hygiène intime à destination des femmes souffrant de précarité menstruelle. Mais son action ne s’arrête pas là. L’association veut également briser le tabou qui existe encore aujourd’hui autour des règles à travers diverses actions de sensibilisation.

Les produits collectés par Règles Élémentaires sont gratuitement mis à la disposition des femmes en situation de précarité menstruelle via son réseau de partenaires distributeurs qui comprend la Croix-Rouge, Les Restos du cœur et le Secours populaire français. Depuis la création de l’association en 2015, au moins 5 000 000 de produits d’hygiène collectés ont déjà profité à plus de 100 000 femmes dans le besoin.

Le saviez-vous ? 2 000 000 de femmes en France sont les victimes silencieuses de la précarité menstruelle, avec toutes les souffrances psychologiques, physiques et risques pour leur santé que cela comprend. Choisir entre acheter de la nourriture et des serviettes hygiéniques : c’est le dilemme auquel de nombreuses femmes font face chaque mois. Avoir accès aux protections hygiéniques est donc essentiel pour leur dignité, leur confiance en elles, comme pour leur vie sociale et professionnelle.

affiche règles élémentaires contre la précarité menstruelle

Comment soutenir l’association Règles Élémentaires ?

Il existe trois façons d’aider les femmes en situation de précarité menstruelle en passant par l’association Règles Élémentaires.

  • Organiser une collecte de produits d’hygiène intime.

Vous pouvez vous-même organiser une collecte de produits et protections hygiéniques dans votre ville en partenariat avec l’association, et briser le tabou des règles. C’est très simple : choisissez un lieu et un moment propice à la collecte, puis transmettez ces informations à l’association via son site web. L’équipe vous contactera alors pour valider l’événement et vous transmettre son kit collecte. Rendez-vous sur cette page pour commencer à organiser votre collecte de serviettes, tampons et autres protections hygiéniques !

  • Faire un don de protections hygiéniques. 

Il existe de nombreux points de collecte en France dans lesquels vous pourrez déposer des protections hygiéniques jetables ou réutilisables pour aider les femmes dans le besoin. Afin de trouver le point de collecte proche de chez vous, consultez cette carte. Petite précaution : jetez un œil la liste des produits acceptés avant de vous rendre sur place.

  • Soutenir financièrement l’association. 

Bien sûr, il est possible de faire un don d’argent à l’Association Règles Élémentaires : en ligne sur son site internet, par chèque, virement ou espèces lors des évènements. Chaque euros compte, alors parlez-en autour de vous. 😉

événement organisé par l'association règles élémentaires

Les ateliers de formation aux protections hygiéniques lavables

L’équipe de Mes Menstruelles ne pouvait omettre de vous présenter les ateliers d’information et de formation aux protections lavables qu’organise l’association Règles Élémentaires. Les cups, serviettes hygiéniques lavables et culottes menstruelles ont l’avantage d’être réutilisables durant plusieurs années. Ces types de protections hygiéniques peuvent donc, une fois acquises, aider les bénéficiaires à ne plus être dépendantes des dons faits à l’association.

L’utilisation des protections lavables internes comme la cup et externes comme la culotte de règles nécessite de respecter quelques précautions d’hygiène. Elles sont entre autres enseignées aux femmes par des membres de l’association Règles Élémentaires lors de ces ateliers afin qu’elles puissent les utiliser durant leur cycle sans risque.


Découvrez le dernier spot de sensibilisation publié par l’association :


Interview de Fanny, membre et graphiste au sein de l’association

Qui peut organiser une collecte de protections hygiéniques ? La précarité menstruelle est-elle une cause mieux connue aujourd’hui ?

Organiser soi-même une collecte est très simple et accessible à tous. Des milliers d’organisateur·rices se sont déjà mobilisé·es aux côtés de Règles Élémentaires : on compte des jeunes, des moins jeunes, des étudiant·es, des retraité·es, des chef·fes d’entreprises, des employé·es, des fonctionnaires, des maires, des ministres… Tout le monde peut créer une collecte en quelques clics et tout le monde peut participer !

L’intérêt pour la précarité menstruelle est grandissant, notamment du fait de sa médiatisation depuis plusieurs années. Il y a une vraie prise de conscience sur ce sujet tabou, et c’est très bien. On se rend compte qu’avoir ses règles, cela coûte cher, c’est un véritable problème de société qui nous concerne tous. Globalement, les organisateurs de collectes et les donateurs de l’association manifestent un grand engagement auprès de notre cause. La phrase des plus surpris, qui revient souvent, est : « Tiens, je n’y avais jamais pensé ! ».

Les hommes sont-ils sensibles et sensibilisés aux problèmes que pose la précarité menstruelle ?

Le tabou des règles concerne tout le monde. Néanmoins, nous voyons bien que ce sont majoritairement des femmes qui organisent les collectes et donnent l’impulsion pour s’engager. Les hommes sont minoritaires, mais certains organisent aussi des collectes et participent aux dons. Des lieux de mixité comme les entreprises sont particulièrement intéressants : beaucoup de nos organisateur·rices rapportent des discussions et des débats autour de l’organisation d’une collecte, qui vont dans le sens d’une prise de conscience. Le chemin est encore long mais c’est positif.

Nous pensons que le sujet de la précarité menstruelle doit aussi circuler dans les institutions. Lorsque nos dirigeant·es s’en emparent, cela veut dire que l’idée fait son chemin dans toute la société, et que la prise de conscience des hommes existe. Le 23 février 2021, l’exécutif a annoncé, à travers la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Frédérique Vidal, la gratuité des protections périodiques à la rentrée prochaine pour toutes les étudiantes. Nous espérons que cette décision aura un effet moteur et que bientôt tous les lieux clefs accueillant des personnes en situation de précarité feront de même – à savoir, en plus des prisons et des universités, tous les collèges et lycées, mais aussi les foyers d’hébergement, les accueils de jour et les hôpitaux. C’est une grande avancée pour nous !

Les protections réutilisables (cups, culottes menstruelles, serviettes lavables) sont-elles adaptées pour les femmes en situation de précarité ?

Les protections réutilisables nécessitent une prise en main et des commodités pour les utiliser correctement. C’est pour cela que la mission de l’association Règles Élémentaires est double. Nous développons en effet des ateliers de formation et de sensibilisation aux tabous des règles, à l’hygiène et à la précarité menstruelle. Ces ateliers sont destinés aux femmes en situation de précarité, détenues et aux étudiants (collégiens et lycéens).

Il faut garder en tête que la situation d’une femme qui vit dans la rue et d’une étudiante en situation de précarité n’est pas la même. Certaines femmes n’ont d’autres choix que d’utiliser du papier journal, du papier toilette, de l’essuie-tout, des chaussettes, voire même des bouteilles d’eau comme coupe menstruelle pour celles qui sont en prison, faute d’accès à des protections hygiéniques à des prix abordables. Cela pose un véritable problème de santé publique. Nos partenaires « redistributeurs » sont donc un maillon essentiel de la chaîne puisqu’ils vont distribuer les produits les plus adaptés à leur public. L’idée est toujours de proposer du choix et différentes solutions accessibles pour que les femmes puissent s’émanciper de cette charge mentale, et rester en bonne santé. Ainsi, en plus de bénéficier de commodités « minimales » pour vivre (accès à l’eau, aux sanitaires, etc.), la formation est cruciale.

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